Vendredi 19 Octobre 2007, 19h30.
« C'est par où, chez toi ?
- Dans la rue juste là.
- Oh ! J'passe aussi par là pour rejoindre la maison de ma mère.
- Bah génial ! C'est où exactement, chez ta mère ? lui demandais-je.
- Une rue perpendiculaire à celle ci. »
Nous étions en train de marcher côte à côte, sur le trottoir. La rue était calme, paisible. La nuit était déjà tombée, lorsque j'aperçue la maison de mes parents, éclairée, et trois voitures garées devant notre garage. Je voyais qu'Ellwine fixait anxieusement la voiture qui m'était inconnue, un 4x4 opel, dernier cri.
« Heuu ... Aro, dis moi, qu'est ce que ma voiture fait heùm ... Chez toi ?
- Ta voiture ?
- Bah, c'est la voiture de mon père, oui ...
- Mais, t'es sensée être chez ta mère ?
- Bah oui, justement, c'est ça qui m'inquiètes ... »
C'est vrai, ça. Qu'est ce que le père d'Ellwine faisait ... chez moi ?! Elle avait l'air un peu anxieuse, toujours, et ses yeux s'étaient éteint. Ellwine était presque figée devant la porte de chez moi. Evidement, je lui avais proposer d'entrer, pour qu'elle puisse elle aussi savoir se que son père fabriquait sous mon toît.
Quelle ne fut pas notre surprise quand on découvrit trois adultes assis dans notre canapé de cuir en train de consommé un apéritif et de rire aux éclats. Je jetais un coup d'oeil effaré à ma nouvelle amie, qui inspectait les dégâts de l'alcool avec suspitions sur son père. Quand je croisa son regard, une flamme de colère c'était allumé au fin fond de ses deux prunelles emeraudes.
« Ellwine ? Mais ... Que fait-tu donc ici ?
- Ma nouvelle et très chère amie vient de m'inviter chez elle pour savoir se que la voiture de mon père y faisait ...
- Ah ... Je vois. Je ne t'avais pas prévenue, c'est vrai ...
- Tu n'étais pas sensé vraiment le faire, en fait, puisque je ne suis pas chez toi ce soir.
- Même, j'aurai sûrement dû te dire que je sortais. Soyons bref, pour que tu puisses rentrer au plus vite, que ta mère ne s'inquiètes pas. »
Je voyais le regard d'Ellwine de plus en plus noir, sans comprendre pourquoi. Chaque parole était proféré avec un certain respect, mélé à une envie démoniaque et dévastatrice. Ellwine se retenait de ne pas lui hurler dessus. Elle déglutit avec difficulté, et me lança regard d'appel au secour ... Elle semblait ... très bizarre, inquiète, et vraiment sauvage.
« Il me semble t'avoir parler de Virginie et Servan. Ma collègue et son mari, non ?
- Heu ... Peut être, vaguement. J'ai des souvenirs comme quoi tu faisais des éloges à Servan et ses exploits de maniements de foules, mais Virginie ... Ah si, mais bien sûr, tu m'as dis que vous ...
- Oui, c'est bon. Bref'. Je t'avais dit qu'ils emmènagaient en ville, il me semble.
- C'est ... très probable.
- Eh bien, voilà. Tu viens de faire connaissance avec leur fille, Aro, et eux même. »
Ellwine s'était figée, crispée, regardant son père d'un oeil très noir, et vif. Visiblement, une querelle familiale aurai bientôt lieu ... Allez savoir pourquoi rapprocher peut être du suicide, aussi, je ne demandais guère d'explication à Ellwine, l'entrainant par la main au dehors, tandis que je criais que je ne rentrerais pas tard.
« Je ... je suis désolée, je ne voulais pas ... commença Ellwine.
- T'en fait pas va, je comprend. Mais ... Je peux te poser une question ?
- Va-y, soupira-t-elle, inquiète.
- Pourquoi tu ... es si en colère ... contre lui ?
- Oh. Une longue histoire, soupira-t-elle. Ça commence avec ma mère, et ça ce fini avec une autre femme mariée, en passant par l'alcool ...
- Ah, d'accord.
- Dis, malgré le comportement de mon père, tu ne me juge pas, d'accord ?
- Pourquoi je te jugerai ... ?!
- Eh bien ... Il est pas très ... C'est pas très ... Ce n'est pas des choses très catholique, tout ce qu'ils font, tu vois ...
- Non, je vois pas très bien là ... C'est qui, "Ils" ?
- Mon père, et ... »
Elle n'acheva pas sa phrase. Son portable sonna, des gens qui parlaient français avec un accent très ... prononcé, disons. Elle soupira en voyant qui l'appellais à cette heure, et décrocha.
« Lio ?
- ...
- Bah je le sais, quand tu m'appelle, ça s'affiche, idiot !
- ...
- Ah. Bah appelle heu ... Enzo tient ! C'est ton meilleure pote, il doit savoir lui.
- ...
- Mouais, okay. Salut !
- ...
- C'est ça ... »
Elle raccrocha en jurant que Lio était un imbécile de première. Je ne m'étonnais plus de rien, avec elle, à présent. Depuis la matinée, il s'était passé tellement de chose peu habituelles, que plus rien ne me surprenait.
« Dis, demain, tu pourra incité les filles à ne pas faire de conneries ? La dernière fois, j'ai été de corvées de nettoyer tout le bordel qu'elles avaient fait dans la réserve, ça m'a prit deux jours, et Alain n'était vraiment pas content du tout.
- Qui est Alain ? m'enquis-je.
- Mon oncle. Et heureusement que c'est lui. Si ça aurait été un autre, je suis sûre que la punition aurait été pire que celle là. Genre, je suis une vraie lade, moi ... n'importe quoi ...
- Une lade ? ... Ah ouii ! Les chevaux. Okay, c'est bon, j'ai compris, m'exclamais-je, ravie.
- Quoi, tu ne savais pas où ...
- Non. Je voyais pas ce que voulais dire Noor par " Centre " ... Et je n'osais pas poser la question ...
- Ah ... Bah, t'inquiètes pas, on se serais pas foutu de toi.
- Je n'en suis pas si sûre, tu vois ... souriais-je, malicieusement.
- T'as pas peur des chevaux au moins ?
- Tu rigoles j'espère ?
- Hum. Okay, très bien, nous verrons cela, alors.
- J'irai chez Tanee à 14h, c'est bien ça ?
- C'est bien ça.
- Bon, bah, à demain alors. »
Pour toute réponse, elle me salua de la main, avant d'enfoncer la clée dans la serrure de sa porte d'entrée, et d'ouvrir la porte. J'aperçus son visage fermé quand elle referma lentement la porte, en grimaçant. J'attendis quelques secondes avant de me retrouner et reprendre le chemin de chez moi, affronter son père. Qui étaient " Ils " ? Je n'aurais pas la réponse avant le lendemain, ou ... longtemps, puisque je ne suis pas sûre qu'elle soit prête à crâcher le morceau.
C'est en soupirant que je passais la porte d'entrée, tout en regardant vers le salon. Ma mère était assise sur le fauteuil de cuir brute face au canapé, où était assis le père d'Ellwine. Quand au mien, il s'était ... volatilisé. Les deux adultes se souriaient, l'air malicieux. Je rejoingnis mon père dans la cuisine; il préparait des pâtes à la bolognaise.
« Aah, Aro ... J'ai vu que tu as rencontré Ellwine. Une chouette gosse, je doit dire ... Elle a bien du courage ...
- J'ai pas tout saisi se que faisait son père ici, en fait ...
- C'est un collègue à ta mère. Elle l'a appelé tout à l'heure, pour lui dire qu'on avais emménagés, et il a demandé l'adresse. Puis, il est arrivé, et tu connais la suite ...
- T'a pas l'air enchanté.
- Il m'opportune. C'est ... Frustrant. Il me prend toujours de court. J'ai l'impression qu'il me déclare la guerre, essayant toujours de se vanter et patati patata ... Je ne veux pas dire de mal de ton amie, mais son père ...
- Elle m'a dit la même chose. Fin, pas exactement sous cette forme là. Disons qu'elle m'a dit de ne pas la juger par rapport au comportement de son père, qu'il ne faisait pas forcément ... »
... des choses très catholiques.
Je compris alors le sens de la phrase qu'Ellwine avait tenté de m'expliquer. Je tentais de rester debout, n'y parvenant pas, c'est en tremblant que je m'affalai sur une chaise.
« ... Des choses qui plaisaient à sa fille. »
Samedi 20 octobre 2007, 10h15
Dur réveil. J'ai veillé quasiment toute la nuit, essayant de déméler tous les mots qu'Ellwine m'avait gracieusement donné de cette relation pas très catholique. J'en tirai mes propres conclusions, et decidais d'aller lui parler au plus vite. Or, je ne la voyais que dans quatre heures ... Encore quatre heures à me torturer l'esprit, à me tuer à petit feu, si cela continuer. Mon père avait paru surpris quand mon teint avait viré au blanc nacré quand j'avais enfin compris le sens caché de la phrase. Enigme. Après s'être assuré que je n'étais pas malade, il rejoignit les deux adultes dans le salon, sans se douter de se qu'il se passait exactement. J'avais mis la main dessus, et m'étais empêtrée dans un drôle de pétrin. Ellwine me devais quelques explications sur tout cela.
J'eu beau tourner, tourner et encore tourner sans cesse sa phrase dans ma tête, elle ne pouvait avoir aucun autre sens que celui ci. C'est troublée que j'entrais dans le salon, en détaillant le père d'Ellwine au maximum.
« ... dement, c'est tout autre chose que ce que l'on pense. Jamais je n'oserai m'approcher de cette foule. Je ne sais pas comment tu fais, Servan.
- Eh bien ...
- Quoi que, faut dire, j'ai vu pire cas que j'ai su maîtriser, bien sûr. Mais tout ce petit monde là ... Des adolescentes en châleur oui ...
- Oh s'il te plaît, Jean, pas de mesquinerie de ce genre. Elles ne peuvent tout de même pas être toutes comme celà, voyons, si ? Servan ?
- Eh bien, c'est difficile à dire. Je ...
- Oui, evidement. C'est normal, lorsque les unes commencent, les autres suivent, Normal. C'est bien pour celà que je suis étonné que ma fille y aille. Ni moi ni sa mère aimons la foule, et elle ... Elle semble ... Adorer. Et encore, le mot est ... petit. »
La discution me revenait à l'esprit, retenant les moindres détails, bien que je ne sus de quoi ils parlaient. A quoi Ellwine avait accepté d'aller alors que cela étonnait son père ? De quoi parlaient-ils, en désignant des adolescentes en châleur ?
C'est alors que Jean pris congé, après que nous ayons fini le dessert. Je vis le soulagement traverser le visage de mon père, et me forçais à sourire. Il me pria d'aller me coucher, ce que je fis, sans discuter. Plus tard, j'entendis la querelle éclater.
Mes parents avaient deserté, aujourd'hui. Mon père bossait sur le concert du soir, au Splendid, je crois. Ma mère était sans doutes partie rejoindre Jean à son boulot, bien entendu. Quand à moi, je restais seule jusqu'à l'heure à laquelle je devais me rendre chez Tanee, où le père de Noor nous attendrait.
Samedi 20 octobre 2007, 14h10
« Noor est en retard, lança Calécy.
- Ça change pas de d'habitude. encore, elle est pas en retard là, dans vingt, elle le sera vraiment, rencherit Son'.
- Ouai, mais bon, Ellwine avait dis 14h30 là bas quoi, dit Tanee, légèrement embêtée. »
Ça faisait cinq minutes que j'étais arrivé, et nous attendions dehors, sous le porche de la maison, à l'abris du vent. Les voitures et les minutes défilaient, et toujours pas de volvo noire à l'horizon, toujours pas de Noor.
« Mais bordel, elle fout quoi ? Il est 20 ! s'enerva Son'
- Et Ellwine, elle vient pas avec nous, demandais-je ?
- Non, elle y ait depuis ce matin, elle. Du coup qu'on sort pas, elle a demandé si elle pouvais être de garde, pour payer ses fins de mois.
- Elle travaille là bas ?
- Parfois, pour rendre service à Alain. Et il lui donne de l'argent de poche.
- Okay. »
Un moteur gronda, et on remarqua que ce n'était qu'une vieille moto qui beuglait, tandis que le portable de Tanee sonnait, un son américain qui me disait quelque chose. Ce n'était autre que Noor, qui prévenait qu'elle allait être un peu en retard, à cause d'Ellwine soi-disant, qui l'avait appeller. Tanee racrocha en pestant. Deux minutes plus tard, miraculeusement, le doux son qu'on avait attendu pendant près d'une demi heure se manifesta. La volvo apparaissait sur le trottoir d'en face, avec deux personnes à bord, notre jolie brune, ainsi qu'un adulte portant un beret. Les filles m'y emmenèrent, et nous prennions la route vers je ne sais où.
♪ Bei Bei Bei Ist Vorbei Bei Bei ♪ (^^p)
« Oh nooon ...
- Quoi ? S'exclamèrent Tanee, Calécy et Sonelya en même temps tout en regardant Noor.
- Corvées de poneys
- Heu, c'est à dire ? demanda Sonelya. Parce que j'ai jamais été moi non plus, alors je sais pas ce que c'est, corvées de poneys ...
- Moi non plus, renchérirent Tanee et Calécy en même temps, aussi.
- Bah moi alors ... disais-je.
- Heuu ... Bah vous verrez, nous dit-elle, avec un sourire très, très sadique. »
Samedi 20 octobre 2007, 14h45
« Bordel, Noor, Ellwine avait dit 30 ! Il est 45 ! Cria Sonelya, une fois la volvo disparue au bout de l'allée.
- Oh c'est bon, elle est en train de monter là ... Fin, je crois. »
Les filles m'emmenèrent vers ce qu'elles appellaient un manège. Enfin, les filles. Noor, nous emmenait. Elle nous fit passer devant les rangées de box, carressant quelques chevaux au passage, faisait signe à des palfreniers, puis nous fit passer une grande porte, assez large pour faire passer un 4x4, et nous accedèrent aux coulisses. L'espace entre le mur et le par-botte était suffisant pour y mettre un public, assez petit, mais un public quand même. En face, de l'autre côté, on voyait des gradins, tout le long de la piste, pouvant contenir deux bonnes centaines de personnes. Jamais je n'avais vu un centre équestre aussi grand. Un quart de la moitié des gradins, à droite, était remplis par des parents, qui suivaient la leçon de leur enfant à poneys. Le manège était coupé en deux partie égal, et à gauche, trois adolescents travaillaient leurs chevaux en botte à botte au pas, tout en discutant. Je reconnue Ellwine, qui était au milieu, sur un cheval noir, avec ses crins pendant jusqu'à son épaule. Elle était entouré de deux garçons, l'un montant un cheval gris souris, avec la même taille de crins de couleur noir, et l'autre montant un cheval pie-alezan, crins coupé en brosse. J'entendis Noor poussant un petit cris d'exaltation en les voyant, les yeux pétillant.
Le gris partis au trot, passant devant nous qui étions accoudés a la porte du par-botte, son cavalier nous souriant et nous lançant un clin d'oeil. Wahou. En jetant un regard aux quatre autres, je pouvais voir qu'elles bavaient déjà d'envie. Non non, rassurez vous, elles ne bavaient pas sur le cheval, malheureusement. Ellwine partie elle aussi au trot, passant devant nous en lançant un bonjour très joyeux. Le pie partie lui aussi, son cavalier fuyant notre regard comme s'il était géné. Puis d'un seul coup, les trois cavaliers partirent au galop, ensemble, coordonnés. Arrêt, trot, puis re-galop. Changement de main ainsi que de pied les uns derrière les autres, re-arrêt, puis re-départ au galop. Ils repassèrent au pas, Ellwine laissant la monture divaguer, tandis que le cavalier sur le cheval gris venait à sa rencontre, une nouvelle fois. L'autre nous regardait, intrigué, puis fit demi tour et rejoint le couple qui était déjà au centre du manège. Ils se parlèrent quelques secondes, puis on entendit une porte claquer, et les poneys partirent vers leurs boxs, les cavaliers les tenant, pieds à terre.
« Bon, les enfants, vous avez détendu ?
- Oui chef', s'exclama la cavalier gris.
- Ellwine ?
- Oui.
- Yoan ?
- Aussi.
- Vous êtes prêts à travailler alors ? Séparément hein.
- Pourquoi séparément ? S'indigna Ellwine.
- El', travaille tes figures de dressage, je te laisse la liberté d'épater tes amies avant la corvé. Lucas, travaille l'épaule en dedans, et Yoan, essaie de le placer puis de l'incurver, sans le braquer. J'ai pas envie de repasser des mois à le débourer une quatrième fois ce pauvre cheval.
- Bien, dirent-ils ensembles. »
Je compris alors que l'homme qui avait parlé, se trouvait de l'autre côté, appuyer lui aussi surle par-botte, n'était autre qu'Alain, l'oncle d'Ellwine. Et alors, tandis que les mots qu'avait prononcé Alain à Ellwine prenait forme, le spectacle commença.
Ce n'était plus une cavalière montant sa monture noire, non. C'était un couple de danseurs, allant parfaitement l'un à l'autre. Ellwine commença par des choses faciles, les moins imprécionnantes. Tout en étant au trot, son cheval se plaça et s'incurva, juste avec une légère pression des bouts de doigts. Le cheval répondait au doigt et à l'oeil, ça, c'était sûr. Elle continua avec un doublet dans la largeur tandis que les autres se mettaient au travail, et nous fit une sublime session à la jambe, son cheval partant bien parallèllement vers la piste. Elle continua avec une épaule en dedans durant la demi-largeur, puis un départ au galop sur quelques mètres pour nous faire une superbe glissade des postérieurs, tandis que les antérieurs étaient toujours en train de galoper. Essouflée, elle s'arrêta à notre hauteur.
« Bah dis donc, soufflais-je.
- Attend, t'a encore rien vu, me sourie Ellwine. »
C'était vraie. Elle nous fit tout. Lever son cheval à plusieurs reprise, sa crinière ondulant dans le mouvement, puis se rapprocha de Lucas je crois, celui sur le cheval gris, ainsi que de Yoan, qui avait arrêté son exercice.
« Eh allez, un dernier pour la route, murmura Noor, si discrètement que nous l'entendirent toutes les quatre. »
Si ça aurait été un spectacle, ce ne pouvais être autre que le final. Les trois chevaux s'alignèrent sur la ligne du milieu, un coup d'oeil vers chacun et ils se levèrent, d'un coup. Repos. Demi tours puis galop, et enfin, fini.
« Peutain ... J'ai plus rien à faire. J'vois pas pourquoi ma mère veux toujours pas monter dessus, il bouge pas. Il est pas comme l'autre con, là, lui ne bouge ...
- Bon. El' ? Tu peux venir ici, deux minutes ? »
Nous sursautâmes. Alain s'était installé à deux mètres de nous, sans bruit. Les trois cavaliers se dirigeait vers nous, Ellwine presque figée.
« Bon. Tu prendras une leçon une autre fois. Occupe toi de Schwarz, puis met le Schtroumpf en liberté. Il est trop nerveux pour que tu le monte direct. Quoi que, tu peux le laisser en liberté puis le mettre au travail à la longe automatique. Ça devrait lui faire du bien et le calmer.
- Okay.
- Ensuite, si tu pouvais sortir Apocalypse et Nowhere, se serais sympa. Sophie est absente aujourd'hui.
- Pas de problèmes.
- Merci. »
Dès qu'Alain quitta les coulisses, on entendit un bref "Géniiial" et les rires des deux garçons, tandis qu'ils mettaient pieds à terre. L'oeil de Noor brillait étrangement, lorsqu'Ellwine s'approcha de nous, son cheval derrière elle.
« Whoooo c'est géniiiial ! Nowhere, putain. »
Samedi 20 octobre 2007, 15h45
Chacun était de son côté. Ou plutôt, il y avait plusieurs équipes dispercées dans l'écuries. Les deux garçons était partis, voilà près de vingt minutes, vers les boxs de leurs chevaux respectifs. Ellwine nous avait emmenées vers le box de son cheval, et s'acharnait à le panser, accompagnée par Noor. Calécy, Sonelya, Tanee et moi restions plantées à l'exterrieur du box, à faire la conversation avec deux jeunes filles invisibles, qui, visiblement, ne nous écoutaient pas, trop occupées à glousser sur les deux cavaliers partis. Lorsqu'Ellwine sortie du box, les cheveux en bataille et couverte de paille, nous nous taisâmes et nous ecartâmes. Tanee retenait un éclat de rire, tandis que Sonelya regardait ses cheveux, horrifiée. Calécy faisait mine de regarder ailleurs, sentant le fou-rire poité le bout de son nez.
« Oh, je vous en pris, riez. Je m'en fiche de toutes façons, Noor est en bien pire état que moi. »Ellwine jetta un regard amusé dans le box, tout en s'époustant. Noor pointa le bout de son nez au dessus de la porte. Encore, Ellwine, ça aller, oui. Elle n'était pas si amochée que Noor. Cette dernière s'était, sans doute, nous n'en étions pas sûre, roulée dans la paille suite à un fou rire incontrôlable. Ellwine s'était ensuite vengée en la recouvrant de paille. Heureusement, le box venait juste d'être refait. Qu'elle aurait été le désastre s'il y avait eu du crottin dans la paille ? Bref'. Tandis qu'Ellwine recouvrait l'animal, nous autres, nous débarrassions Noor de toute la paille dont elle était couverte. Malheuresement, c'est bien à ce moment là que décide de venir les gens dont on ne désire pas qu'ils vous voient ainsi.
Yoan et Lucas sortaient tranquillement de l'écurie nord, et se dirigeaient vers nous. Le temps de réaction fût très long, et ils étaient déjà à cinq mètres de nous quand nous commençions à nous affolées. Ellwine, entendant les plaintes de Noor, sortie en trombe du box, après avoir fini de fermer la couverture de son cheval. Voyant les deux garçons, et jettant un regard amusé à Noor, elle décida d'aller les voirs avant qu'ils n'arrivent à leur but. En quelques pas, elle fut près d'eux, les retenant à grand peine. Je les virent hésiter, puis regarder étrangement Ellwine. Curieuse, j'avança vers eux pour entendre l'explication d'Ellwine.
« Heu, t'es gentille El', hein, mais on a d'autres chats à fouetter pour le moment. Tu vas pas t'en sortirent, t'a deux chevaux à sortirent, un a mettre en liberté puis au travail, et t'es de corvées. Franchement, accepte notre aide.
- Oh oui, tient ! Volontier ! S'excalma-t-elle, soulagée des intentions des garçons.
- Qu'est ce qu'à Noor ? Elles sont toutes autours d'elle ...
- Oh ... Heuu ... Rien.
- El' ?
- Disons que ... On a un peu rit.
- Je ... Je vois. Yoan se ferait sûrement un plaisir d'être à la place de toutes ses filles. »L'intérréssé releva soudain la tête, prenant part à la discution en donnant un coup de poing dans les côtes de Lucas.
« Dis pas n'importe quoi !
- Ouai ouai ... Toutes les fois que j'en entend parler, hein.
- N'importe quoi ! Ellwine ! Défend moi quoi !
- Chad, arrête. C'est bon quoi, lâche le. S'il fantasme sur elle, c'est son problème, parce qu'elle, elle fantasme sur son cheval. Point. Compris, tous les deux ?
- Oui, dirent-ils, ensemble, sur un ton exaspéré. »Je fit un pas de plus, et m'accrocha au bras d'Ellwine avant de me rétaler sur les fesses. Les deux garçons me regardèrent, interloqués, avant de voir mes lèvres crispées en une drôle de grimace peu fort jolie. Ellwine agrippa ses mains à mon bras, et me regarda, sourcils arqués.
« Quel est le programme qui s'ensuit ? Dis-je, fort intéressée par les évènements à venir.
- Eh bien, les garçons vont aller préparer Nowhere et Apocalyspe, ensuite nous rejoindrons. Pendant ce temps, j'en profiterai pour panser vite fait Schtroumpf et le mettre en liberté. Puis, si les garçons ont fini avant, ils viendront pendant que j'essaie de rattrapé le maudit, puis on le conduira a la longe automatique. Ensuite, on s'occupera des deux zigotos.
- Et les corvées ?
- On les feras tous ensembles. Les filles seront ravies. Surtout Sonelya, dit-elle, la fin de sa phrase dans un sens légèrement ironique.
- Okay. On se retrouve tout à l'heure alors, lança Lucas, nous envoyant un clin d'oeil et disparaissant en entraînant un Yoan ébété.
- Corvées ? Corvées de quoi ?
- Corvées de poneys, malheureusement.
- Pourquoi, malheureusement ?
- C'est la plus longue et l'une des pires corvées ... Tu essayeras de compter les poneys, tu verra ensuite. »Okay. Alors, déjà que corvées = pas bon. Donc, corvées poneys = Pas bon du tout. Eh bien. Faudra s'y faire à tout sa, hein, parce que je suis pas sûre que ce soit la dernière fois qu'on me la fait.
« Alors ? Demanda Noor, enchantée de la dispatition des deux garçons.
- Direction Schtroumpf, puis petit manège et longe automatique. »La suite fut un peu brouillée. Je ne prennais pas vraiment part à ce qu'il ce passait autours de moi, et répondais par des acquiessements aux questions sans les entendrent. La chose qui me sortie de mon brouillard n'était autre qu'un hennissement furieux. Je me rendis compte alors que nous étions à l'entrée du petit manège, et qu'Ellwine venait de libéré son cheval. Horrifiée, je compris alors toutes les phrases d'Ellwine, ses allusions, surnoms, mais aussi les phrases d'Alain. Schtroumpf était un cheval furieux et très fougueux. Ellwine lacha la boucle du licol, et couru à nous tandis que le
maudit, pour reprendre les mots d'Ellwine, se levait de toute la hauteur de son corps en hénnissant. Rien que d'immaginer Ellwine sur cette machine infernal, j'en frissonnais. Certe, elle était bonne cavalière. Aussi, avec la puissance du petit cheval, je m'étonnais de la voir encore sur ses deux jambes, intacte. Ellwine soupira, exaspérée.
« Et après, on s'étonne que plus personne veut monté dessus, mais s'il continue à faire son fier-chaud-lapin, ça va pas arranger les choses.
- En parlant de chaud lapin; Ellwine. J'ai a te parler. »Elle me dévisagea. Elle comprit alors que j'avais moi même compris, et pâlit, mal à l'aise. Le silence tomba, rompu seulement par le martèlement des sabots au galop sur le sable du manège. Ellwine évitait mon regard. Au moins, je lui avait fait comprendre que je savais, et que j'aimerai qu'elle m'explique un peu plus. D'autant que ce soir, je ne pense pas avoir le temps de lui parler, puisque mon père m'avait envoyer un sms, comme quoi il m'avait trouvé une place au concert qu'il surveillait, pour pas que je m'ennuie, soi-disant. Il fallait donc que je sache ce qu'elle me cache avant cette soirée, sinon, elle serait foutue, ma belle soirée.
Je me maudit intérieurement d'avoir gâcher se moment. Quelques minutes plus tard, ce qui me parut une éternité, Ellwine s'avança vers le milieu du manège, et leva sa main, comme le salut indien. Étonnée, je vis que son cheval s'arrêta, et s'avança vers elle. Il n'était pas si bête, finalement. Elle passa la boucle de la longe dans l'anneau du licol, et nous précéda sur la route de la longe automatique. Elle me lança un coup d'oeil, et me fit signe de venir, ce que je fit discrètement, même si je savais que les filles voyaient bien que nous devions parler sans être entendues. Je me doutais aussi que les filles étaient au courrant de toutes ses manigances, mais je devais lui parler seule à seule.
« Alors, tu as compris.Ce n'était pas une question. Elle sembla soulagée, et déçue en même temps.
- Assez vite, oui.
- Je suis désolée.
- Non. C'est pas toi. Et comme mon père à dit, et je suis entièrement d'accord avec, c'est pas ta faute. Tu n'y ai pour rien, je n'ai pas à te blâmer pour les faits et gestes de ton père. D'ailleurs, je crois que le mien a compris, et qu'il sait que je suis au courrant aussi, et toi de même.
- Ah. Eh bien, merci. »Je ne m'y attendais pas, mais Ellwine s'arrêta et me serra dans ses bras. Un doux parfum framboise m'envahit, et elle se retira aussi vite. Nous étions arrivées, et les garçons remontaient la grande allée des écuries ouest, face à nous, qui étions côté est. Ellwine fit rentrer Schtroumpf dans un compartiement, puis sortie et ferma derrière elle, tandis que Lucas règlait et mettait la machine en route. Puis, nous partîmes vers les écuries Ouest, et nous arretâmes devant deux box face à face. A droite, un cheval appaloosa/capé(
*) auquel je ne fis pas vraiment attention, avec sur sa porte de box, "
Nowhere" inscrit en lettre manuscrite. A gauche, une jument alezan cramé, style plus foncé que
Galet d'Auzay, et plus claire que
Calimucho, couleur un peu
Quilano de Kalvarie ou de la magnifique
Cigale du Taillis quoi, avec quelques ressemblences avec le grand
Dilème de Cèphe, et
Baloubet de Rouet, aussi fine que
Débat d'Estruval Mili ou qu'
Expo du moulin, aussi grande que
Parco avec son mètre soixante-dix, aussi douce que
Fine Merveille, et aussi belle que
Carinho des Noes, qui est un splendid étalon entre nous ( SI j'étais une jument, je n'hésiterai pas. ). Bref', vous l'aurez sans doutes compris, je fantasmais sur Apocalypse, comme vos mamans fantasment sur Brad Pitt, et vos papas sur Angélina Joli.
( En attendant, vive Cheval Star et ses fiches célébrité, se qui m'a permis de me retrouver dans toute la desciption. )Ellwine se stoppa, nous faisant face. Avec les yeux pétillant remplis de malice, elle se tourna vers Noor, qui était à ma gauche.
« Noor, accepterais-tu de me rendre un tout petit service ? demanda-t-elle, avec un air gourmant comme si elle réclamait une friandise, ce qui me fit peur sur le coup. Noor ne recula pas.
- Quel genre de service ? Demanda-t-elle, tendu, très peu sûre de savoir quel genre de service elle devait rendre.
- Eh bien, disons simplement que je ne compte pas laisser Apocalypse sellée pendant une heure, et que si je la monte après Nowhere, ma corvée risque de se terminer aux alentours de vingt-deux heures, puisque bon nombre d'entre vous devrons partir vers les dix-huit heures trente. Alors, si tu veux bien me rendre service, peux tu monter la ravissante qui se trouve dans ce box, et a sur laquelle tu prends un désir ardent à vouloir faire travailler ?
- Tu plaisantes ?
- Pas du tout. Je suis super sérieuse. Par contre, grouille toi de dire oui sinon, j'te botte les fesses. Parcequ'on a perdu du temps avec tes roulades dans la paille hein. »Réaction innatendue. Noor se jetta dans les bras d'Ellwine, qui vacilla un peu, puis la serra dans ses bras. S'ensuivis un long dialogue euphorique entre les deux filles, qui se poursuivis jusqu'à leur entrée dans le manège désert. Elles montèrent chacune sur leur cheval, et commencèrent à travailler ensemble. Noor semblait si heureuse que j'en avais la gamelle par terre. Ellwine rayonnait d'avoir fait la surprise a son amie, et bientôt, elles partirent chacune au trot, Noor redécouvrant les sensations de l'équitation.
« Ellwine aurait très bien pu la faire monter à cru avec elle. Mais elle n'est pas sadique à se point, quand même, lança Lucas, l'oeil étincelant, en regarda la belle châtain-clair.
- Noor aurait quand même accepter.
- Noor aurait accepter en toute condition, de toute façon. Que ce soit n'importe quel cheval, mais encore plus si c'est Apocalypse ou Amaranth.
- Ainsi, c'est vrai ?
- Quoi donc ?
- Elle fantasme sur mon cheval ?
- Ça te blesse qu'elle ne te remarque pas ? Nan, t'inquiètes pas, je suis sûr que ton tours viendra. Ton cheval d'abords, cependant hein !
- Et toi, avec El' ?
- Quoi, moi avec El' ?
- Arrête Lucas, j'vois bien votre petit jeu à tout les deux. Vous vous tourner autours comme un chat et une souris.
- Je vois pas de quoi tu parles.
- C'est ça, fait l'innoncent. »Les deux garçons se turent. J'avais cependant moi aussi remarqué le manège Lucas-Ellwine, mais aussi Yoan-Noor, aussi bien que celui de Lio. Personne n'était vraiment discrèt. C'est alors que, en parlant de discrètion, une porte claqua violement. C'est pétrifiée que je vis les deux chevaux s'emballer, et galoper à fond les manèttes. Apocalypse suivait Nowhere, qui n'en faisait qu'à sa tête. Soudain, Nowhere se leva, puis shoota. Apocalypse frémit, et s'écroula par terre, tandis que Noor sautait sur ses pieds avant de finir écrasée, et qu'Alain entré, furibond, dans le couloir. Il semblait plus que furieux. Il avait assisté à toute la scène, et se dirigeait vers les estrades, vers la porte qui venait de claquer. Nous virent une ombre bouger furtivement, avant de réouvrir la porte et de s'enfuire. Alain s'arrêta, soupira, puis entra dans le manège. Lucas et Yoan étaient déjà au milieu, sans que je m'en rende compte. Tanee prit ma main et la serra, fixant ses deux amies. Nous quatre autres, décidèrent de nous approcher.
Ellwine était en pleure, Noor tremblait, Alain examinait Apocalypse, et Lucas et Yoan se regardaient. Je fis ce que je n'aurais jamais dû faire. Je regarda la jument, couché sur son flanc. Une ouverture d'une bonne vingtaine de centimètre écorché son poitrail, et le sang qu'elle perdait coloré le sable. Lucas s'approcha d'Ellwine qui fonça vers son torse, et Yoan resta pétrifier, à un mètre de Noor. Tanee me serrait toujours les doigts, et Sonelya avait fait demi tour avec Calécy, ne pouvant supporter plus longtemps la vue du sang. J'inspira profondément, tandis qu'Alain appellait le vétérinaire sereinement. Il serait là d'ici cinq minutes. Lucas serrait toujours Ellwine dans ses bras, et la fit lâcher les rênes de Nowhere, qu'elle tenait fermement. Si la situation n'aurait pas été aussi pesante, choquante et lourde, je les aurais admiré, tellement le spectacle était beau. Mais nous n'étions pas dans un moment très favorable pour admirer deux adolescents, et il fallait agir.
« Yoan, occupe toi de Noor. Lucas occupe toi de ... Oh, je vois que c'est déjà fait. Bon. Alors, Aro, c'est ça ?
- C'est ça.
- Tu vas m'aider. Tu t'y connait, dans le monde des chevaux ?
- Légèrement.
- Bon. Il faut que je la déssangle. Cela risque de l'énerver, à cause de sa blessure. Elle s'est aussi peut être entailler le passage de sangle après s'être débattu avant leur galop. Donc, j'aimerai que tu la calme, que tu lui parles doucement. Tu en sera capable ?
- D'accord. Oui.
- Très bien. Viens là, à côté de moi, et carresse là. Rassure là. »Je m'accroupie, tremblante à l'idée de faire un faux pas. Je voyais bien que la jument n'était pas dans une position très confortable, aussi je comprennais qu'il fallais lui enlever sa selle, tout en la rassurant. Ses yeux affolés m'indiquèrent qu'elle avait peur. Je lui chuchotta quelques mots, doux et sereins, puis commença à chanter une berceuse. Alain me regarda du coin de l'oeil, inquiet pour ma santé mentale sûrement, mais la jument s'apaisa, et ferma les yeux, tout en poussant un soupir de bien être lorsque la sangle la liberra. En effet, la sangle de cuir l'avait bien entaillée, et elle saignait de ce côté aussi. Nous entendirent des pas, puis la porte du manège grincé, et virent le vétérinaire accourrire avec sa saccoche noir. Il examina la jument quelques instants, puis nous demanda gentiment de sortir. Lucas me demanda de prendre Nowhere, occupé lui même à faire sortir Ellwine qui était toujours en état de choc. Yoan releva Noor, qui n'était, elle non plus, plus présente dans la réalité. Toutes les deux marchèrent vers l'écurie Ouest sans s'en rendre compte, mais toutes les deux soutenues des deux garçons auquels elles faisaient battre le coeur. Je fis rentrer Nowhere dans le box et vis Lucas porter Ellwine dans la paille, Yoan faire pareil. Elles devaient se reconnecter, et très vite. Ils les installèrent, allongées toutes les deux, et se retirèrent.
« Qui à fait ça, à ton avis ? Demanda Yoan.
- Je vois qu'une seule personne, répliqua Lucas. Une personne qui fout toujours la merde quand tout va bien, une personne qui a très bien le droit de venir ici quand bon lui semble, et une personne que tout le monde haïs dans l'entourage d'Ellwine. Ça ne peux être que ...
- Néa, fis-je à la place de Lucas. Ça ne peux être que cette garce de Néa, en effet. »